Suite d'un des pionniers du genre, Subnautica 2 sort en early access ce 14 mai 2026 et devrait rapidement se trouver sous les projecteurs. Plus de 5 millions de joueurs l'ont déjà ajouté à leur liste de souhaits sur Steam, ce qui lui garantit presque un succès fulgurant à son lancement. Le premier jeu et son spin-off ont cartonné, et il faut aussi dire qu'il n'y a pas vraiment de concurrence. Personne ne semble vouloir s'aventurer sous la peau de l'océan, source de fascination, de poésie et d'angoisse profonde. Subnautica 2 a donc le champ libre et prépare sa descente en douceur avec un early access pour être au plus près de sa communauté.
Peu avant que le sas s'ouvre à tous les pionniers, nous avons pu participer à une présentation du jeu en présence des développeurs. L'occasion pour nous de glaner de précieux conseils avant d'aller barboter à notre tour, mais aussi d'en apprendre plus sur ce qui nous attendait avec ce Subnautica 2. Qu'on se le dise, le contenu de ce lancement d'early access est déjà fourni avec une vingtaine d'heures de jeu possible (en ligne droite) sans trop forcer, des secrets à découvrir et une histoire à suivre. Il est évident que l'on n'a pas encore pu faire le tour de tout ce qu'il propose, et compte tenu de son statut d'early access, le jeu est enclin à évoluer, mais on a suffisamment bu la tasse pour vous affirmer qu'il s'agit déjà d'un des meilleurs représentants du genre sur Steam.
Subnautica 2 ne laissera personne de marbre, il prend aux tripes
Pour Anthony Gallegos, Lead Game Designer, s'il s'accorde à dire que Subnautica 2 est un jeu de survie, c'est surtout « un jeu d'exploration ». L'idée n'est pas tant de lutter contre l'environnement, mais plutôt d'en découvrir les secrets et de trouver une issue, les éléments de survie n'étant là que pour diriger cette exploration en l'accompagnant par la même occasion. Une recette que l'on retrouvait déjà dans Subnautica premier du nom et qui lui a permis de se détacher des autres jeux du genre, qui ont en général une approche plus survivaliste et souvent violente. Ici, il n'est pas question de construire des armes, la meilleure défense c'est la fuite. Dans Subnautica 2 on pourra tout juste repousser certaines créatures à l'aide d'ondes de choc, mais c'est à peu de chose près tout en l'état.
On se retrouve littéralement en position de faiblesse dès que l'on tombe contre des prédateurs qui, à mesure que l'on s'enfoncera dans l'abîme ou que l'on prendra le large, loin de nos installations, seront de plus en plus coriaces, plus vifs et surtout… plus gros. Bien plus gros.

Amis thalassophobes, Subnautica 2 ne va clairement pas vous aider à lutter contre vos peurs viscérales, au contraire, il va jouer avec. Pourtant, le studio Unknown Worlds a fait de nets efforts pour que les joueurs, bien qu'effrayés, puissent tout de même mettre un pied dans l'eau. La première zone est moins anxiogène que n'a pu l'être celle du précédent épisode, mais surtout la première nuit passée en mer sera beaucoup plus douce. La nuit tombée, la faune et la flore se pare de superbes effets bioluminescents, ne laissant que peu de place à la suggestion.
Sans trop se faire violence, on pourra alors continuer notre recherche de ressources à quelques mètres sous la surface. Les choses vont rapidement se gâter puisqu'il faudra de toute façon s'enfoncer et s'éloigner des zones sécurisées pour progresser. « Plus on explore en profondeur, plus ça devient sombre et effrayant », a expliqué Anthony Gallegos. Ce qu'il ne nous a pas dit, c'est que le jeu a également une petite dimension horrifique, liée à un étrange parasite qui transforme la faune et la flore pour les rendre encore plus dangereux. En cas d'exposition prolongée, nous sommes aussi affectés, en entendant d'étranges voix, par exemple. Glaçant.

Parfois anxiogène et souvent passionnant, un cocktail qui fonctionne
Le jeu a ce don de se rendre anxiogène, sans rien faire, en dupliquant simplement le fond de nos océans et en les fantasmant pour en faire un monde alien où la vie pullule. Le bourdonnement sourd de la pression qui augmente écrase nos tympans et s'intensifie à chaque brasse de plus vers le fond, nous étouffe. Des silhouettes lointaines se forment, floutées par le bleu de l'océan, laissant notre imaginaire faire le reste. La suggestion est peut-être la pire des ennemies dans Subnautica 2, mais lorsque le jeu devient explicite ce n'est guère mieux. On vous rappelle qu'une des créatures du jeu n'est autre qu'un Léviathan, et comme dans le premier, le rencontrer est une expérience à part entière. On nage, on explore, on se crispe. Nous aussi, derrière notre écran on commence à manquer d'oxygène. Alors lorsque se dessine une falaise qui plonge vers le bleu abyssal, on a la gorge serrée. Lorsqu'un chant marin semblable à celui de nos cétacés nous laisse imaginer des créatures gigantesques, on est pris d'un frisson. Le sound design est d'ailleurs une véritable réussite, immersif et extrêmement bien rendu malgré quelques petits couacs ici et là.
Explorer dans Subnautica 2 n'est pas de tout repos et ce sera même une épreuve pour beaucoup de joueurs, surtout lorsqu'on nage vers l'inconnu. La carte est construite de manière à créer une progression naturelle pour le joueur, qui explorera de lui-même et s'enfoncera toujours plus loin pour découvrir des galeries marines creusées sous les sédiments sur des centaines de mètres, abritant parfois de gigantesques grottes. Plusieurs biomes très marqués sont d'ores et déjà identifiables, une dizaine pour le lancement nous a confié le studio. Certains environnements demanderont des améliorations ou de l'équipement spécifique pour être explorés. Une manière comme une autre de nous aiguiller dans notre quête, volontairement mystérieuse.

Subnautica 2, ou un bac-à-sable au fond de l'océan
C'est là aussi une volonté du studio, laisser le joueur libre, ne le guider que très vaguement. Pour ça, on a un petit terminal, attaché à notre capsule de sauvetage, unique lieu de sécurité avant que l'on se mette à construire notre propre base sous-marine. Cette IA nous alertera sporadiquement de balises d'anciens pionniers nous ayant précédés, ici et là. Le reste des objectifs se dessine de lui-même au fil de nos découvertes. Certains seront utiles pour l'avancée du scénario, d'autres ne seront que des ramifications pour étoffer l'univers. Plus que par le passé, Subnautica 2 est relativement narratif et surtout bavard. Il n'est pas rare de trouver des enregistrements particulièrement loquaces. Tantôt utiles, tantôt futiles. Pour l'heure, difficile de se faire une idée. Une histoire de colonisation ratée et d'invasion biologique se dessine rapidement, mais après un peu moins d'une dizaine d'heures, on a encore du mal à discerner où tout cela nous mène.
La narration, qu'elle soit active, scriptée ou environnementale, accompagne en tout cas nos pérégrinations, voire les dirige avec naturel, sans jamais nous pousser à l'obligation. « L'un des fondamentaux de la franchise est de guidé le moins possible, c'est ce que nous avons essayé de faire », explique Anthony Gallegos, et Subnautica 2 le fait très bien. À tout moment, vous pouvez décider de rester là et faire votre petite vie en construisant une base, en explorant et en découvrant des plans ou de nouvelles espèces pour remplir votre base de données. Le jeu propose un vaste outil de création, qui permettra de fabriquer tout un tas d'objets moyennant des ressources plus ou moins rares. Des outils indispensables à notre survie comme un scanner, un canon sonique pour détruire les veines de minerai ou repousser certaines créatures, mais aussi des blocs d'habitation pour se construire un chez-soi sécurisé.

Le système de construction est ici un poil amélioré, mais reste dans la droite lignée du premier jeu. Pas de très grosses nouveautés, mais surtout des optimisations et un plus grand confort à l'usage. On peut même dire qu'il manque forcément du contenu, quand bien même nous n'avons pas encore tout découvert. Nouveau jeu, nouvel early access, Subnautica 2 ne propose certainement pas autant de possibilités que le premier volet à son apogée, et c'est bien normal. Il ne faut toutefois pas sous-estimer son potentiel, absolument énorme, sans oublier qu'on a tout ce qu'il faut sous la main pour profiter pleinement de notre avancée 20 000 lieues sous les mers.
Au détour d'une ruine, au fond d'une grotte ou dans l'épave de notre imposant vaisseau qui repose çà et là sur le sable, on trouvera une multitude d'objets à scanner pour en apprendre les recettes. La mécanique d'apprentissage et de découverte n'a donc pas bougé et elle fonctionne une fois de plus à merveille. L'exploration non linéaire est là encore récompensée puisque l'on peut découvrir des plans de bien des manières, même si la narration nous en mettra forcément quelques-uns sous le nez. Se dégage alors un véritable sentiment de progression personnelle, de liberté et de débrouillardise. Subnautica 2 brouille les pistes et devient un vrai bac à sable avec une trame en fond, rappelant parfois The Forest, un exemple cité par le studio d'ailleurs.

Subnautica 2 est déjà passionnant à découvrir, mais il est également bluffant visuellement. Pour peu que vous ayez entre les mains une machine à même de le faire tourner avec ses paramètres au maximum, c'est un vrai régal. Les effets de lumière sont superbes, les reflets sont également très bien rendus. La direction artistique est très largement mise en valeur et en profite pour nous en mettre plein les yeux. On a beau être sous l'eau, certains panoramas sont à tomber, d'autant plus lorsque le soleil ou la lueur des planètes nocturnes transperce la surface et fait scintiller les fonds marins. Que dire des geysers de magma qui vrombissent et vomissent flammes et lumière en offrant un spectacle aussi superbe que dangereux ? On se laisserait volontiers aller à la pure contemplation, si le manque d'oxygène, la faim et la soif ne nous rappelaient pas systématiquement à l'ordre. C'est un jeu d'exploration nous disait Gallegos, mais c'est aussi une histoire de survie.
Subnautica 2 est déjà indispensable, une entrée en early access des plus réussies
Subnautica 2 s'impose d'office comme un indispensable pour les fans du genre et les curieux qui auraient raté l'occasion avec le premier volet. Les sensations se bouleversent lorsque l'on explore, ballotées entre l'émerveillement de la découverte de nouveaux biomes, de créatures étranges et de panoramas absolument superbes, et l'angoisse des profondeurs et de ce qui s'y trame. Une tension omniprésente qui renforce le sentiment de détresse et de survie qui nous poussera alors à utiliser tous les outils mis à notre disposition. Il manque certes quelques petites choses comparé aux deux premières aventures, on repart ici de zéro. Un nouveau jeu, un nouveau monde et surtout un early access. Mais les développeurs nous ont déjà assuré que beaucoup de choses arrivent, deux grosses mises à jour devraient notamment suivre assez rapidement. Et de vous à moi, il y a de toute manière déjà suffisamment de choses à faire et à découvrir pour jouer sans ennui plusieurs heures déjà. Pour une trentaine d'euros, c'est cadeau.